
ai mes habitudes en restauration, comme vous tous probablement, et
on s’y tient. Mais j’ai rompu avec ces dernières et j’ai mis les pieds
au Beauce Steak House sur la Première Avenue à Saint-Georges, il y a de cela
quelques mois. Je suis allé tester. Tester quoi ? Leur sandwich au boeuf mariné
(smoked meat). Et, eurêka ! Je l’ai trouvé exquis ! Il y a donc des endroits en
Beauce où le boeuf mariné n’est pas qu’une enveloppe ébouillantée. Mes papilles
ont assez aimé que j’ai récidivé et essayé d’autres plats savoureux. Naturellement,
j’ai demandé à la serveuse : « Qui est derrière les casseroles ? » « Moi ! » a-t-elle
répondu. « Moi », c’est Ginette, et Ginette est un personnage.
Elle concocte les recettes et son chef acolyte aime les exécuter. Toute vive, elle
prend le tablier de serveuse pour nous accueillir et nous servir. Mais qui est-elle
vraiment ? Je n’en sais rien; cependant, elle a les yeux pétillants et la volonté de
nos vrais entrepreneurs. Son grand atout : elle a un sacré goût. Elle aime la vie, et
ses plats en sont l’hommage. Attention ! Elle fait aussi de la politique. Oui, oui, de
la politique ! Elle achète de nos producteurs locaux. Là, on vient de se distancer
dans le peloton des restaurateurs-traiteurs. Et ça prend du courage de quelquefois
délaisser un profit immédiat pour une qualité locale sans égal. Les clients ne sont
pas dupes et ils ont du goût pour la fraîcheur des produits d’ici. L’investissement
local n’a pas son pareil, on y gagne tous et Ginette l’a compris.
J’ai aussi cherché les faiblesses du Beauce Steak House. Peine perdue, ses plats
maisons désarment les palais critiques. Et le conseil que je vous donne quand
vous irez : gardez-vous un creux pour un dessert maison, un thé fin ou un café
moulu par l’Artisan spécialement pour le Beauce Steak House. Vous verrez, on est
loin du beigne du grand-oncle « Thym Morton »!
Ça reste entre nous : dites que vous avez vu, lu, aimé, détesté cet article du
Tamtam magazine et Ginette vous fera une surprise qui ne fera pas mentir la
maxime : qui ne risque rien n’a rien !
